Droits des femmes

Messieurs,
À vous qui vous sentez parfois offensés dès qu’une femme relève la tête —
ou simplement lève le doigt, comme à l’école, pour demander la permission de parler.
Car il arrive encore, dans bien des réunions, que lorsqu’une femme prend la parole, les conversations continuent autour d’elle. Et il faut parfois une phrase audacieuse, presque provocante, pour qu’on lui porte attention.
Messieurs rappelez-vous la pub : « Vous voulez voir une photo de ma chatte ? »
Permettez maintenant une simple mise à jour.
Le temps de la femme en tablier, en sabots, blouse réglementaire et cheveux dissimulés sous une charlotte — ou une bigoudène pour les grandes occasions — appartient désormais au musée des traditions poussiéreuses.
Oui, ce temps est révolu.
Et puisqu’il paraît que certaines vérités doivent être répétées pour être entendues, retenez ceci :
vos femmes,
vos compagnes,
vos amoureuses,
vos chéries
ne sont pas votre mère.
Et elles ne le seront jamais.
Elles ne seront pas non plus votre chose. Si vous détestez être pris pour un sex-toy, apprenez qu’elles éprouvent la même répulsion.
Enfin elles ne seront jamais votre punching-ball, prenez des adversaires à votre mesure,… au risque vous heurter à une femme championne de krav-maga, à votre insu.
Cessez aussi de parler de « votre moitié ».
Car nul être humain n’est une moitié.
Apprenez donc cette chose simple et pourtant essentielle : exister par vous-mêmes. Sans attendre de l’autre qu’elle vous complète, vous porte, vous rassure, vous organise la vie et parfois même l’existence. Même Atlas, avec ses épaules mythologiques, trouverait la charge un peu lourde.
Les femmes sont un « supplément de lumière ». La cerise sur la chantilly de l’existence.
Mais les femmes ont surtout besoin d’exister sans les étiquettes qu’on leur impose :
mère, épouse corvéable, petites mains invisibles.
Les femmes ont retroussé leurs manches. Elles travaillent. Elles créent. Elles dirigent. Elles inventent. Elles soignent. Elles bâtissent.
Oui, elles peuvent mener des carrières de front dans tous les domaines, sans rougir et sans démériter.
Et vous, qu’avez-vous fait devant leur engagement, leur persévérance, leur cumul d’emplois pour faire bouillir la marmite ?
Vous vous êtes gaussés, l’œil grivois et les pensées concupiscentes.
Et permettez que l’on rappelle ici une évidence première :
sans les femmes, messieurs, vous ne seriez pas venus au monde.
Cet acte d’amour — et de grande mansuétude, si l’on considère parfois la manière dont vous les traitez — leur donne au moins un droit élémentaire : celui d’avoir les mêmes droits, les mêmes chances, les mêmes avantages et la même admiration que vous.
Depuis la nuit des temps, nul besoin de faire les comptes :
les femmes ont marqué l’histoire :
par leur habileté,
par leur diplomatie,
par leur courage,
par leur persévérance,
par leur intelligence
et par leur capacité inaltérable à œuvrer pour l’humanité.
Elles n’ont pas besoin qu’on leur fasse une place.
Elles l’ont déjà prise.
En revanche, messieurs, c’est à vous désormais de réapprendre :
réapprendre à regarder, à écouter, à marcher autrement.
Bref, à trouver votre juste place à leurs côtés.
Alors messieurs qu’avez-vous fait pour les droits des femmes ?
Très beau texte et bel hommage aux femmes qui ont gagné leur indépendance !
A très bientôt.
Marie Christine